Témoignages

La LLD n’a pas fini de nous surprendre

Jean Ménétrier est directeur des achats et de l’immobilier d’Assystem, une fonction qui inclut notamment la gestion de la flotte automobile, à laquelle collaborent deux personnes dont la responsable du parc. Il est également Président de l’association Puissance 10. Il nous parle de la LLD aujourd’hui dans son entreprise et pour les adhérents de cette association. Et dévoile ses besoins pour demain.

Monsieur Ménétrier, quel est le métier d’Assystem ?

Assystem est un acteur majeur de l’ingénierie et du conseil en innovation depuis plus de 40 ans. L’entreprise possède un réel savoir-faire au service de l’industrie, notamment sur les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique, du naval et de la défense, de l’énergie et du nucléaire. Assystem intervient auprès des grands donneurs d’ordre sur des projets d’ingénierie d’infrastructures complexes et de R&D externalisée. C’est un métier de prestation intellectuelle, un métier de conception et non de fabrication.

Vous êtes aussi président de Puissance 10, une association d’entreprises qui souhaitent optimiser leurs achats…

Je suis en effet en charge depuis plus d’un an de Puissance 10. Cette association a été créée en 2003 pour mutualiser les achats de ses adhérents. Elle leur permet d’obtenir des conditions économiques plus attractives de la part de fournisseurs auxquels nous apportons en conséquence une volumétrie plus intéressante. Mais notre association fonctionne différemment d’une centrale d’achat. Chaque adhérent s’engage à être un membre actif, participant formellement à la vie de l’association. Nos adhérents mettent en œuvre des groupes de travail sur des familles d’achat identifiées et mènent à bien les appels d’offres correspondants. Ils sélectionnent leurs sujets en fonction de leurs compétences et de leur disponibilité.

Dans la majorité des cas chaque adhérent contractera avec chaque fournisseur, mais dans le cadre d’un contrat chapeau négocié par l’association. La puissance d’achat de l’association avoisine 400 millions d’euros, et l’automobile représente environ 5% de ce total.

Qui sont les membres de l’association Puissance 10 ?

A sa création notre association a fédéré des entreprises du secteur des nouvelles technologies. C’est ainsi que CS et GFI Informatique sont toujours membres de Puissance 10.

L’association s’est depuis ouverte à d’autres secteurs, avec des sociétés telles que Soflog Telis (conditionnement & logistique) ou Kaefer Wanner (isolation thermique industrielle et nucléaire), mais elle se limite à une dizaine de membres, afin de rester agile. Si nos interlocuteurs ont été sceptiques au lancement, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous avons grandi en intérêt pour les fournisseurs, et nous leur sommes fidèles si le service attendu est délivré.

Quelle importance a la mobilité automobile, tant pour Assystem que pour Puissance 10 ?

En ce qui concerne Assystem, nos collaborateurs doivent se déplacer pour réaliser leur activité. Une partie significative de nos prestations est réalisée chez nos clients, et lorsqu’elle est réalisée chez nous, les échanges demeurent nécessaires et fréquents. Nous n’avons pas trouvé aujourd’hui d’alternative à l’automobile pour répondre à ce besoin de déplacement. Au sein des adhérents de Puissance 10, le caractère indispensable de l’automobile est confirmé : Ainsi, Osiatis, qui exerce le métier de maintenance informatique, a besoin de l’automobile pour servir ses clients – et même pour se faire remarquer avec leur signalétique violette !

Quelles évolutions du parc automobile d’Assystem constatez-vous aujourd’hui ?

20% de notre flotte est constituée de véhicules de fonction qui doivent rester attractifs pour les cadres qui les utilisent, tout en étant respectueux de l’environnement. Les constructeurs, incités par la législation, ont su proposer des véhicules respectant ces impératifs. Les entreprises ont été dans le même temps incitées à renouveler leurs véhicules pour disposer d’une flotte moins coûteuse et plus écologique. A titre personnel, j’utilise quotidiennement un véhicule de fonction, plus petit, plus agile et économe qu’auparavant, mais je souhaite pouvoir disposer ponctuellement d’un véhicule plus adapté aux longs trajets ou aux déplacements en famille grâce à des locations de courte durée.

Quelle est la position d’Assystem sur les véhicules hybrides ou électriques ?

Le pas n’a pas été franchi, mais le sujet est regardé de près. Les freins au déploiement sont les coûts et surtout l’autonomie de ces véhicules. Liée à l’autonomie, la facilité de recharge n’est pas acquise pour le véhicule de fonction d’un cadre habitant au 5e étage d’un immeuble parisien et ne disposant pas de parking raccordé au réseau EDF. Les véhicules rentrant chaque soir sur le parc de l’entreprise seraient plus faciles à recharger. L’offre ne nous semble pas mature aujourd’hui, mais les évolutions seront certainement rapides.

Concernant les véhicules hybrides, la solution est opérationnelle, mais coûteuse, et la rentabilité lointaine. Seul un besoin d’image éco-responsable justifierait ce type de véhicules aujourd’hui.

Utilisez-vous d’autre modes de financement de véhicules que la location longue durée ?

Notre logique est d’avoir la majorité des véhicules en location longue durée. Chez Assystem, sur un parc de 1,400 véhicules, moins d’une dizaine de véhicules sont en pleine propriété.

Et ce pour deux raisons :

  • La gestion de flotte automobile est un vrai métier, et les loueurs longue durée en sont spécialistes. Ils répondent très bien à nos besoins.
  • C’est une activité qui mobilise beaucoup de capital, et nous préférons consacrer le cash disponible à la croissance externe.

Au delà de l’optimisation de l’allocation de ressources, quelles sont vos attentes vis à vis des loueurs longue durée ?

L’élément essentiel, c’est bien sûr un service satisfaisant. Ce service intègre les aspects économiques, la maintenance, l’assistance. Chez Assystem, carburants et assurances ne sont pas intégrés à la prestation de location longue durée. Certains adhérents de Puissance 10, ont eux, fait le choix d’intégrer ces options à leurs contrats de LLD. Nous sommes aussi particulièrement sensibles à la disponibilité des véhicules.

Au delà de ces objectifs quantifiables, nous avons besoin de relations de confiance avec nos fournisseurs. La condition de cette confiance est la transparence. Nous utilisons des grilles de fluidité et, au cours des derniers appels d’offre, Alphabet s’en est sorti avec les honneurs, et a su être très transparent sur la valorisation des loyers.

Quelle est votre opinion sur le rapprochement récent ING Car Lease – Alphabet ?

J’ai suivi ce rapprochement avec beaucoup d’intérêt. Initialement Assystem et Puissance 10 travaillaient avec ING Car Lease. Nous avons donc analysé les conséquences de ce rapprochement pour nous. Je dois dire que ce rapprochement se passe très bien, et que nous n’avons aucune raison d’être inquiets ou d’envisager d’autres solutions.

Aujourd’hui, Alphabet nous fournit 30% de notre flotte et ce chiffre est en constante augmentation.

L’aspect intéressant de ce nouvel actionnariat est que l’on peut espérer qu’un constructeur, et à fortiori un constructeur premium, sera très attentif à la qualité de son service. Enfin on peut imaginer que le Groupe BMW saura affecter les moyens financiers nécessaires au développement de sa filiale de location longue durée multi marques.

Avez-vous pris position sur l’autopartage chez Assystem ?

J’ai un avis mais pas encore d’expérience. Nous échangeons depuis plusieurs mois avec Alphabet sur un projet d’Autopartage. Leur offre vient d’évoluer significativement, avec une nouvelle version d’Alphacity, qui semble intéressante. Nous avons en projet de mettre en test quelques véhicules dans un premier temps. Ensuite, si l’expérience se révèle concluante, nous envisagerons un déploiement plus large.

Avez-vous d’autres idées et ambitions pour faciliter les déplacements professionnels ?

Il me semble que les différents acteurs, loueurs longue durée, loueurs courte durée, constructeurs, opérateurs de transport publics, devront réfléchir plus largement à la mobilité du personnel des entreprises. Nous devons pouvoir offrir à nos collaborateurs des moyens simplifiés de se rendre d’un point A à un point B.

Lors d’un déplacement Paris Toulouse, par exemple, les étapes et ruptures de charge entre l’automobile d’entreprise, le parking, l’aérien, le taxi puis le retour etc. sont nombreuses et coûteuses, ne serait-ce qu’administrativement, étant donné le nombre de fournisseurs différents. Je rêve d’une solution multimodale et intégrée ! Une vraie évolution… et peut être pas une utopie. Alphabet, acteur solide et innovant, fera certainement partie de la solution.

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