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Sécurité routière des villes françaises : peut mieux faire

Si l’objectif “zéro victime”, fixé par l’Europe pour 2050 est toujours à sa portée, la France doit progresser et prendre exemple sur ses voisins hollandais ou britanniques.

Le dernier bilan de la sécurité routière française est à la hausse : +1,3% en septembre 2014. Principales victimes, les piétons, cyclistes et motocyclistes. Le cohabitation d’usagers vulnérables et d’automobiles rend par nature la ville dangereuse. Pourtant, à lire l’étude menée par Dekra* sur les villes de plus de 100 000 habitants, la fatalité est toute relative et dépend bien du pays dans lequel évoluent ces derniers. Selon que vous serez Grec ou Anglais, Italien ou Allemand, vous risquerez plus ou moins à traverser une rue ou à enfourcher votre deux roues.

L’hexagone : élève moyen

Située en milieu de tableau, la France ne compte que 5 villes de plus de 100 000 habitants à avoir atteint l’objectif “zéro victime” soit 13% des grandes villes françaises. Parmi elles, Boulogne-Billancourt, Mulhouse, Tours et Villeurbanne. À Brest, cette performance a même été renouvelée deux ans de suite. Un chiffre à rapprocher de celui de l’Allemagne où 21 % des villes de cette taille relèvent le défi sécuritaire. En Grande-Bretagne, 47 % des grandes métropoles ont atteint l’objectif contre 52 % aux Pays-Bas.

securite-routiere-france-zero-mortCarte interactive Dekra

Ombres au tableau

Si l’Italie peine à sécuriser la circulation urbaine avec seulement 2 villes de plus de 100 000 habitants à atteindre l’objectif sur cette période, elle est malheureusement talonnée par la Pologne. Quant à la Grèce et la Hongrie, elles n’en comptent aucune. En période de crise politique et financière, la lutte contre les dangers de la route est rarement une préoccupation forte.

« Ce constat ne signifie pas pour autant que la sécurité routière ne soit pas une priorité française », commente Geoffrey Michalak, directeur technique et qualité de Dekra Automotive. « La France a dirigé ses efforts sur son vaste réseau autoroutier, dont le niveau de sécurité est aujourd’hui 5 fois supérieur au reste du réseau. » CQFD.

Ces résultats contrastés ont conduit Dekra à prendre en compte les villes dès 50 000 habitants pour une carte interactive plus rassurante. Très instructive, cette carte regroupe les résultats tirés de l’étude des sources officielles des différents ministères des Transports entre 2009 et 2012. Un mapping bien plus encourageant car la moitié de ces villes parvient cette fois à relever le défi.

Toujours plus de citadins et d’améliorations possibles

En abaissant sensiblement la taille des villes prises en compte, l’étude permet à la France de retrouver un rang en lien avec son niveau de prévention routière. Ainsi, 46 % des villes de plus de 50 000 habitants n’ont eu aucun accident mortel sur leurs routes à l’image de Rueil-Malmaison. Évry, Fontenay-sous-Bois, Sartrouville et Sevran ont même tenu l’objectif durant 3 ans. Avec des villes à la population et à l’activité en croissance constante (les 3/4 de la population mondiale vivront en ville en 2050), des axes d’amélioration sont à trouver rapidement pour tenir la cap du zéro victime… Trois pistes évidentes d’amélioration existent : les infrastructures routières, la technologie des véhicules et l’attitude des conducteurs et piétons. Par exemple, l’installation systématique de passages en biais permettrait aux piétons (1/4 des morts en ville) de mieux voir et d’être vus des conducteurs.

pistes-cyclables

Selon Dekra, d’autres mesures s’imposent comme l’amélioration des pistes cyclables et l’adaptation de l’éclairage des routes aux avancées techniques. Autre marge de progrès : la technologie des véhicules. Assistant d’angle mort, de changement de voie et de sortie de stationnement, freinage automatique en cas d’obstacle détecté par le véhicule… La généralisation de ces systèmes devrait à terme diminuer le nombre d’accident en palliant les erreurs des usagers.

Quel comportement adopter pour l’entreprise ?

Sensibiliser les collaborateurs aux dangers de la circulation urbaine et aux comportements source d’inattention (usage des écouteurs, du téléphone, du GPS), multiplier les stages d’éco-conduite, sont parmi les bonnes pratiques à mettre en œuvre par les gestionnaires de flotte. Également à prendre compte lors de l’achat des véhicules : le niveau de sécurité et d’équipement. En effet, la course à l’économie de carburant ne doit pas laisser sur le bas côté la question primordiale de la sécurité.

*DEKRA est le leader de l’inspection, de la certification, des services et de la gestion des sinistres dans les domaines de l’Automobile, du Transport et de l’Industrie.

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