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La mobilité, un axe fort de la loi Macron pour la croissance et l’activité

Présentée comme le temps fort législatif du printemps prochain (vote final par l’assemblée), la loi dite « Macron » comporte deux volets importants pour le secteur automobile et la mobilité : le développement de lignes de cars interrégionales d’une part, l’accélération du déploiement de bornes de charge pour les véhicules électriques d’autre part, semblent faire consensus.

Le Ministre de l’économie, Emmanuel Macron, a présenté il y a quelques jours son projet de loi dite « sur l’activité » en Conseil des ministres. L’objectif affiché de celle-ci est de relancer l’économie sans argent public, en pariant sur la mise en concurrence des professions réglementées.

Les débats s’annoncent mouvementés avant le vote final par la représentation nationale (Assemblée et Sénat), prévu pour le printemps prochain. Mais il est deux domaines où les propositions du ministre semblent rencontrer un certain consensus : celui des transports et celui de la mobilité.

Le gouvernement estime en effet que ces deux secteurs représentent environ 1,5 million d’emplois. Et il a choisi de communiquer en priorité sur deux mesures phares : la libéralisation du transport par autocar d’une part, le déploiement massif de bornes de recharge pour les véhicules électriques d’autre part.

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Trente fois plus de voyageurs en car au Royaume-Uni

Concernant les transports par autocar, la France part de loin. Si on compte trente millions de voyageurs par an au Royaume-Uni, ils ne sont que 100 000 dans l’Hexagone, soit trente fois moins. Cette statistique s’explique par une réglementation ancienne, qui interdisait jusqu’à 2009 aux opérateurs privés de proposer des liaisons interrégionales entre les villes françaises, ceci afin de protéger les activités ferroviaires de la SNCF. Ils ne pouvaient donc ouvrir que des lignes à destination des pays voisins. Et ils n’avaient même pas l’autorisation de commercialiser des étapes sur ces trajets, ce qui aurait permis par exemple à un voyageur empruntant un Paris-Barcelone, de descendre à Perpignan.

En 2009, une première modification réglementaire a permis aux opérateurs de faire évoluer leur offre, en proposant des services dits de cabotage sur le territoire français. Depuis cette date, ils ont désormais la possibilité de commercialiser des parties de trajets sur leurs lignes transfrontalières. Le voyageur de notre exemple ci-dessus peut donc désormais acheter un Paris-Perpignan. A condition que le transporteur ne ferme pas le guichet juste devant lui : le transporteur est en effet tenu de ne pas réaliser plus de la moitié de son chiffre d’affaire avec ces services de cabotage.

Malgré ces restrictions, une offre assez dynamique a émergé, avec notamment Eurolines (Filiale de Transdev, Groupe Caisse des Dépôts), Megabus et, plus surprenant, iDBus, un service lancé à l’été 2012 par la SNCF, qui propose par exemple des trajets Paris-Lyon pour 49 euros et 6h30 de voyage.

Depuis plus d’un an, l’Autorité de la Concurrence encourageait le gouvernement à aller plus loin. Et c’est finalement dans le cadre de la loi Macron que les ultimes verrous réglementaires devraient sauter, avec l’ouverture de lignes internes au territoire.

Les réactions sont plutôt positives : les économistes ont sorti leurs calculettes et estiment que le solde net en emplois pourrait être de l’ordre de + 15 000 à 20 000 postes. Ils anticipent en effet que 60 000 emplois seraient créés, pendant qu’environ 40 000 autres seraient détruits suite à des fermetures de lignes par la SNCF. Des calculs qui se basent notamment sur l’exemple de l’Allemagne, qui a procédé à une réforme similaire en 2013, et a vu depuis le trafic en autocar augmenter de 180% !

Seize mille bornes de plus pour les véhicules électriques

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L’accueil devrait également être favorable pour l’autre mesure présentée la semaine dernière. Emmanuel Macron a d’abord entretenu le mystère, en pré-annonçant qu’un opérateur privé allait installer 16 000 bornes de recharge pour les véhicules électriques, mais sans dévoiler son nom. Il intervenait lors de la 3ème Conférence environnementale censée fixer la feuille de route verte du gouvernement pour 2015. Rappelons qu’il existe actuellement 14 000 points de charge en France, et que la loi sur la transition énergétique en prévoit 7 millions à l’horizon 2030. C’est pourquoi un texte visant à faciliter l’installation des bornes de recharge pour les véhicules électriques dans l’espace public a été adopté cet été au Parlement. Le dispositif prévu exonèrera de redevance l’opérateur qui les implantera dans le cadre d’un projet de dimension nationale.

Le mystérieux opérateur n’a pas tardé à se faire connaître. Il s’agit du Groupe Bolloré, qui a déposé un dossier de candidature (avec Blue Solutions et IER) auprès du Ministère de l’Économie, avec un investissement de 150 millions d’euros sur 4 ans. Sa validation par les ministères de l’Économie et de l’Écologie devrait intervenir d’ici fin janvier 2015. Le Groupe Bolloré prévoit la création d’une centaine d’emplois. Mais le développement de la voiture électrique pourrait s’accélérer notablement avec la disponibilité d’un réseau performant de bornes de charge. Une performance qui dépendra à la fois des emplacements choisis – en concertation notamment avec les collectivités territoriales – et des technologies de charge retenues. Pour l’heure, il est prévu des bornes d’une puissance de 7,4 kWh, capables de recharger une batterie en 3 à 4 heures.

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