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Hybride : les multiples (bonnes) raisons d’un succès annoncé

Une étude récente du groupe Xerfi prévoit que les véhicules hybrides représenteront 16% du marché français en 2020 contre seulement 2% en 2014. La proportion de véhicules électriques passera dans le même temps de 0,6% à 3%. A l’échelle mondiale, l’ensemble des voitures propres (Hybrides + Électriques) ne représentera en revanche que 8% des ventes en 2020. L’écart entre les hybrides (7%) et électriques (1%) restera significatif.

S’il apparaît logique que les pays les plus développés et les plus sensibles à l’environnement surpassent la moyenne mondiale, les raisons de ces évolutions sont plurielles.

Une législation contraignante pour les constructeurs

Les règles deviennent très contraignantes pour les constructeurs. Qu’ils soient généralistes ou premium, ils sont tous logés à la même enseigne : respecter l’objectif des 95 g de CO2 par km en 2020, décidée par l’Europe, avec une projection à 50 g pour l’ensemble de la flotte à l’horizon 2030.

Ces constructeurs ont intégré le fait qu’ils ne pourront pas respecter les futurs objectifs de réduction de la pollution avec les seuls moteurs thermiques notamment sur les plus gros véhicules.

Technologie hybride, le meilleur des deux mondes ?

Pour réduire la consommation d’une voiture, le fait de l’alléger constitue l’une des principales clés. Mais pour aller plus loin, l’hybride semble la meilleure solution.

Le mode hybride combine deux sources d’énergie, l’une thermique, l’autre électrique. On distingue :

  • Les hybridations dites « séries » pour lesquelles l’intégralité de l’entraînement des roues est fournie par le moteur électrique, lui-même rechargé par le moteur thermique,
  • Les hybridations dites « parallèles » pour lesquelles les deux moteurs fournissent de la puissance aux roues, avec plusieurs scénarios de répartition possibles.

Le schéma ci-dessous explique le fonctionnement d’un hybride :

Cliquez sur l’image pour agrandir
schema-fonctionnement-hybride

L’hybride concurrence donc les solutions thermiques classiques, tout en s’affranchissant des problèmes d’autonomie et de rapidité du ravitaillement des solutions électriques.

Véhicules hybrides : Une offre complète

Pionnier reconnu, Toyota commercialise depuis plus de quinze ans des véhicules hybrides essence avec succès. D’autres modèles d’hybridation ont été testés depuis : c’est en particulier le cas des hybrides diesel de Volvo ou de PSA, dont le coût de dépollution et le faible potentiel commercial hors Europe risquent de limiter les évolutions.

La tendance la plus prometteuse est à l’hybride essence rechargeable qui permet une autonomie électrique urbaine ou locale de 20 à 50 km, et une autonomie globale quasi équivalente à celle des véhicules diesels.

Si l’arrivée de Tesla, avec ses modèles autonomes jusqu’à 500 km, pourrait faire sortir la voiture électrique des zones périurbaines à terme, le véhicule hybride se révèle pour l’heure plus polyvalent.

Résultat, la plupart des constructeurs proposent aujourd’hui une offre large, dans la plupart des segments. Par exemple, dans celui des citadines, la Toyota Yaris Hybrid bénéficie de l’expérience d’un pionnier : Toyota reste en tête des ventes en France grâce à la Yaris HSD et à l’Auris HSD déclinée dans une séduisante version break. Renault et PSA Peugeot Citroën semblent pour leur part dans les starting-blocks. Quant au groupe Hyundai-Kia, ce sera pour 2015.

Côté grandes routières, Mercedes a annoncé le lancement de 10 modèles hybrides d’ici 2017. Les Classe C et E suivront la toute nouvelle Classe S 500 Plug in. Enfin, la nouvelle version du Porsche Cayenne fait étalage de technologies performantes et transforme de fait ce gros véhicule un véhicule vert !

L’offre

offre-vehicules-hybridesCliquez sur le tableau pour en voir plus

Une législation et des tarifs favorables pour les clients

En raison des incitations fiscales, les flottes d’entreprises sont la première cible de ces modèles hybrides rechargeables (essence ou diesel). D’autant que, pour accélérer l’adoption de cette technologie, les constructeurs font aussi des efforts sur leurs tarifs. A titre d’exemple, la Volkswagen Golf GTE de 204 ch est vendue 1 900 € moins chère (avec le bonus de 4 000 € déduit) moins chère que la version diesel GTD de 184 ch.

Mais ce raisonnement ne s’applique qu’aux versions haut de gamme de chaque segment.
Dans les versions d’entrée de gamme, le surcoût est réel mais acceptable s’il reste de l’ordre de 1 400 €, selon une étude de Deloitte, qui estime par ailleurs que 44,6 % des jeunes sondés envisagent une motorisation alternative pour leur prochain achat. Les électriques, hybrides et hybrides rechargeables dépasseraient ainsi le Diesel, qui plafonne à 35,2 % d’intentions d’achat. Parmi les motorisations alternatives, c’est l’hybride rechargeable qui attire le plus, avec 20 % d’intentions d’achat.

L’hybride, meilleure technologie de transition ?

A l’origine, l’hybride rechargeable a profité des inquiétudes des conducteurs vis-à-vis de l’autonomie des véhicules entièrement électriques : avec ce type de motorisation, il leur suffit en effet de faire le plein à la station-service pour continuer leur chemin.

Désormais, la multiplication des modèles et leur attractivité économique et fiscale semblent promettre à l’hybride un succès de plus en plus large. Cependant, l’autonomie des véhicules électriques ne cessant de progresser, les cartes pourraient bien être rebattues d’ici quelques années.

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