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Sécurité routière : comment reprendre les (bonnes) habitudes

Avec des chiffres qui repartent pour la première fois à la hausse depuis 12 ans, le bilan de la mortalité routière a fait l’objet, la semaine dernière, d’une intervention remarquée du Ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Il devrait, dans les semaines à venir, déclencher de nouvelles mesures pour renforcer la sécurité des conducteurs comme des piétons et des cyclistes.

mortalite-routiere-2014

Les cyclistes et les piétons, principaux concernées par la hausse de la mortalité

Les chiffres de l’ONISR (Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière) montrent une augmentation de 4% de la mortalité sur les routes françaises entre 2013 et 2014 (soit 3 388 tués). Il s’agit de la première hausse depuis 2002.

Entre 2000 et 2014, à contrario, la baisse globale du nombre de tués avait été de 59%, et de 15% sur les seules quatre dernières années.

Par famille d’usagers de la route, c’est la mortalité des catégories piétons (+8%), cyclistes (+7%) et cyclos (deux roues motorisés dont la cylindrée est inférieure à 50 cm3) (+6%) qui progresse le plus, avec un total de 829 tués, soit un quart du nombre total de décès. La catégorie la plus touchée reste celle des conducteurs de véhicules particuliers avec 1 661 tués, mais sa progression, en 2014, n’est « que » de 3%. Et surtout, depuis 2000, c’est cette catégorie qui a connu la plus nette amélioration, avec 69% de tués en moins.

evolution-mortalite-usagersSource : ONISR

Des tendances lourdes

L’ONISR dresse une liste de grandes constantes en matière de mortalité routière.

  • 8% des décès ont lieu sur autoroute, 28% en agglomération et 64% hors agglomération
  • 77% des tués sont des hommes
  • Un tué sur quatre l’est dans un accident impliquant un conducteur novice
  • Deux tiers de la mortalité piétonne se produisent en agglomération
  • Deux tiers de la mortalité cycliste se produisent hors agglomération
  • 14,2% des tués le sont dans un accident impliquant un poids lourd

Concernant les accidents eux-mêmes

  • Le facteur alcool est présent dans 29% des accidents mortels
  • Le facteur stupéfiant est présent dans 21%
  • 20% des tués ne portaient pas de ceinture de sécurité

De nouvelles pistes pour améliorer encore la sécurité sur nos routes

Le Ministre de l’Intérieur a évoqué plusieurs pistes pour stopper net cette reprise de la mortalité routière. Elles devraient faire l’objet de décisions dans les prochains mois, mais en voici les principales pistes :

  • L’abaissement à 0,2g du taux d’alcoolémie autorisé pour les jeunes conducteurs, contre 0,5g pour les autres.
  • L’interdiction des oreillettes, des casques et des écouteurs au volant
  • L’interdiction de stationnement à moins de 5 m d’un passage piéton
  • L’augmentation du nombre de radars « feux rouges »
  • La multiplication des expériences de baisse de la vitesse limite à 80 km/h sur les routes secondaires particulièrement accidentogènes.
  • Des tests salivaires pour contrôler la prise de stupéfiants.

Une chose est sûre : les 69% de tués en moins sur nos routes depuis 2000 en véhicules légers doivent être en partie portés au crédit des progrès de l’automobile (sécurité passive, aides électroniques à la conduite …).

Le renouvellement du parc roulant apparait donc également comme une piste séduisante pour contribuer à améliorer le bilan de la mortalité routière, en plus de servir les intérêts économiques du pays et des constructeurs automobiles.

Les gestionnaires de flottes automobiles, qui renouvellent régulièrement les véhicules de leur entreprise, contribuent déjà à cette amélioration. Les contrats de location longue durée qu’ils souscrivent pour leur entreprise permettent  la mise à la route de véhicules récents, bénéficiant de technologies de pointe en termes de sécurité et d’un entretien régulier. Une réalité qui concerne plus de 400 000 voitures chaque année !

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