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Scooters électriques, les symboles de la nouvelle mobilité

En progrès technologiques constants – performances, autonomie, confort – les scooters électriques ne se contentent pas de bousculer le monde des deux et trois roues. Ils innovent aussi sur le plan de l’offre de services associés (LLD par exemple) et des modèles, inspirés par l’économie du partage. Vous avez dit branchés ?

Le succès des scooters ne se dément pas, avec 58 300 ventes de deux et trois roues en 2014 (source motoservices.com). Les raisons de cet engouement, en particulier auprès des cadres urbains, sont bien connues.

  • Leur maniabilité leur permet de s’affranchir des encombrements urbains et leurs performances sont idéales pour un usage en ville
  • La sécurité est désormais au rendez-vous (systèmes ABS de freinage, arceaux sur les trois-roues)
  • Ils présentent un TCO très attractif par rapport à celui d’une voiture.

Certains constructeurs ont décidé d’aller encore plus loin en développant des modèles électriques, permettant ainsi aux utilisateurs de s’affranchir des contraintes liées aux moteurs thermiques (révisions fréquentes et points d’attention nombreux, émissions de CO2 et de particules polluantes, moteurs bruyants). Les scooters électriques aujourd’hui disponibles sur le marché offrent un grand agrément de conduite et des performances équivalentes à celles de scooters thermiques de 50 et de 125 cm3.

Si les ventes restent encore confidentielles en France (1158 exemplaires vendus en 2014), les promesses des études de marché sont beaucoup plus enthousiasmantes. Certaines n’hésitent pas à anticiper des ventes mondiales de l’ordre de 18 millions d’unités annuelles à l’horizon 2018. Le marché asiatique – Chine en particulier – reste de loin en tête, mais les marchés européens sont attendus en seconde position.

Le scooter électrique présente en effet plusieurs avantages tangibles

  • Il est économique à l’usage : sa consommation d’électricité ne représente que 0,6 euros pour 100 km. Les frais d’entretien sont réduits grâce à l’endurance des moteurs et à la disparition de nombreuses pièces d’usure.
  • Il est moins polluant : Il n’émet ni gaz polluant, ni fumée, ni particules, fait très peu de bruit, produit moins de déchets (huile moteur supprimée par exemple). Il n’émet aucune odeur.
  • Il est performant : avec une puissance comprise entre 3 et 6 kw, des batteries rechargeables en 4 heures sur des prises standard, des accélérations conséquentes, (surtout au démarrage et même en hiver), les performances du scooter électrique approchent celles de son équivalent thermique.
  • Il est autonome : les batteries au plomb, au lithium-ion (plus léger), et dernièrement au lithium-phosphate de fer (plus sûr) permettent aujourd’hui de proposer des autonomies allant jusqu’à une centaine de kilomètres, largement suffisante pour un usage urbain.
  • Il est branché : ces scooters proposent généralement une connectique étendue et des fonctions de gestion électronique avancées, qui permettent notamment d’optimiser la consommation d’électricité.
  • Il bénéficie d’une fiscalité avantageuse.

Mais il reste quelques limites…

La facture à l’achat : Le prix de ces scooters reste élevé à l’achat (à partir de 8 000 euros et jusqu’à 15 000 euros pour un 125 cm3), c’est-à-dire deux à trois fois plus que leurs équivalents thermiques.

Du côté de l’offre, le choix s’étoffe progressivement. A côté des pionniers, comme la jeune société française Eccity avec son Artelec 670 de 125 cm3 à 7990 euros (100 km d’autonomie et une vitesse de pointe de 100 km/h), des acteurs de niche ont par exemple séduit la Poste qui s’est équipée d’une centaine de Staby trois roues. Mais le fait marquant des derniers mois est l’arrivée de BMW avec son C Evolution, qui concrétise l’intérêt des constructeurs traditionnels de se positionner sur ce nouveau marché (un modèle est également attendu chez KTM). Homologué en tant qu’équivalent 125 cm3, le C Evolution peut se piloter avec un simple permis B (auto), complété par une formation de 7 h. Ce modèle haut de gamme propose 4 modes de conduite qui jouent sur la puissance et la récupération d’énergie en décélération, activables depuis le guidon droit en roulant.

scooter-electrique-laposte

Le décollage, une question de modèle économique

L’initiative de BMW mérite en tous cas d’être saluée et les premiers résultats sont encourageants (227 exemplaires vendus en 8 mois sur 2014 en France). Malgré tout, la progression des scooters électriques reste lente, à l’instar de ce que nous constatons avec les voitures électriques.

Le décollage attendu – et espéré – va donc dépendre, au-delà des convictions des constructeurs et de la qualité de leurs modèles, des capacités de l’écosystème à innover aussi côté utilisation et modèles économiques. Bonne nouvelle, les initiatives se multiplient :

  • Apparition d’offres de LLD : Alphabet a été le premier loueur longue durée généraliste à proposer, dès ce printemps, une offre de LLD pour les motos et les scooters. Visant sa clientèle d’entreprises et leurs cadres urbains, le panel de véhicules proposés inclut notamment le BMW C Evolution.

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  • Initiatives publiques et privées Certaines grandes collectivités (comme Paris) ont annoncé vouloir faciliter la vie des utilisateurs de scooters électriques en leur permettant d’accéder aux bornes de rechargement Auto’Lib. Des offres de « moto-partage » (« free-floating ») vont prochainement faire leur apparition : la société privée Cityscoot est en train de tester un premier lot de 35 scooters électriques sur la Capitale, avec un objectif de déploiement de 1000 unités dans un an. Originalité de l’offre, l’utilisation de fonctions de géolocalisation (pour le client comme pour le scooter) va permettre de proposer à l’utilisateur de récupérer son véhicule à proximité immédiate de sa localisation (et pas obligatoirement dans une station de rechargement). Inversement, il pourra le laisser à l’issue de la location, où bon lui semble. Cette période d’expérimentation d’environ 4 mois permettra de bénéficier des retours des bêta-testeurs, dans l’objectif de valider les fonctionnalités, la fluidité, le confort et la technologie du service. Pendant ce temps, des opérateurs privés comme Vinci ouvrent une partie de leurs surfaces de stationnement aux utilisateurs de deux et trois roues et installent eux-aussi des bornes de rechargement.

scooters-cityscoot-ladefenseLa station de rechargement Cityscoot dans le parking Vinci de La Défense

  • Partage de batteries : un autre projet, chez l’américain Gogoro, consiste à proposer aux clients de louer des batteries plutôt que des scooters grâce à un système ultra simplifié de mise en place.

Facturation à l’usage, économie de partage… le scooter électrique génère une certaine effervescence quant aux nouvelles solutions de mobilité qu’il va permettre de développer. Si les modèles économiques demandent encore à être affinés, il ne fait guère de doute que la variété et la simplicité des nouvelles offres vont pouvoir convaincre de nouveaux conducteurs de tester ce type de véhicule. Dans les entreprises, les nouveaux services développés autour des scooters électriques vont certainement permettre aux « mobility managers » de renforcer leurs stratégies autour de la multi-modalité des déplacements de leurs collaborateurs.

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