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La mobilité connectée : 1,5 point de PIB en plus pour la France ?

Pour les auteurs de l’étude « Big data et Objets Connectés : une opportunité pour la France », réalisée par AT Kearney pour l’Institut Montaigne, la mobilité et ses enjeux représentent un fort potentiel de croissance : ils anticipent en effet une création de valeur de 31 milliards d’euros annuels à horizon 2030, soit 1,5% du PIB actuel du pays.

L’étude porte sur l’ensemble des impacts potentiels des objets connectés sur l’économie française. Elle précise néanmoins que la valeur créée ne proviendra pas seulement de la vente directe d’équipements. Ce sont les gains de productivité, jugés considérables par les auteurs, qui sont les plus prometteurs. Mais pour les atteindre, chaque secteur devra passer par une reconfiguration profonde de ses chaînes de valeurs.

En particulier, selon les consultants de la société américaine, le secteur des transports est l’un des plus générateurs de perte de temps et de gaspillage avec les embouteillages (5,5 milliards d’euros), de consommation d’énergie (83 milliards de consommation d’énergie) et d’accidents (coût de 22 milliards).

Ils estiment ainsi que la multiplication des capteurs et des systèmes d’assistance à la conduite, mais aussi une meilleure coordination entre les véhicules et la voirie et le développement de la multi-modalité vont permettre de réduire cette inefficacité. Avec des chiffres impressionnants : d’ici 2025, jusqu’à 100% des embouteillages et 40% des accidents pourraient disparaître (20% à horizon 2020). Quant à notre consommation d’énergie, elle pourrait baisser de 5%.

Le tableau ci-dessous illustre les gains potentiels en matière de sécurité routière. Il s’appuie sur les statistiques en matière d’accidentologie de l’ONISR, les espérances d’amélioration via une utilisation accrue des objets connectés (systèmes de régulation de vitesse, systèmes anti-démarrage, capteurs d’évitement de collisions…) et enfin, une projection réaliste sur la part des véhicules dits « connectés » dans le parc global.

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Pour AT Kearney, le déferlement d’objets connectés et de big data va se traduire par une amélioration des algorithmes d’exploitation des données, donc une optimisation des processus existants. « Mais surtout, l’internet des objets permettra d’évoluer d’un modèle de consommation essentiellement fondé sur la possession et donc une faible utilisation des ressources, vers un modèle d’usage et d’exploitation maximale de tous les actifs ».

Appliquée à la voiture, les experts constatent que cette évolution – connexion à internet, exploitation des capteurs embarqués – nous permet déjà une meilleure utilisation de ses capacités : ainsi, Autolib maximise son utilisation, Blablacar optimise le remplissage, Waze nous fait gagner du temps sur nos déplacements et les capteurs installés dans la moteur du véhicule rappellent au conducteur d’en effectuer la maintenance.

Avec la progression de la connectivité et la multiplication des capteurs, ce processus de recomposition devrait encore s’accélérer. Les consultants reconnaissent au passage que « la réduction du gaspillage et donc de la consommation aura pour conséquence un redimensionnement des capacités de production et de distribution, menaçant ainsi certains emplois ». Cependant, ils se montrent optimistes sur l’apparition, en parallèle, de nouveaux métiers demandant de nouvelles qualifications pour concevoir et fabriquer les objets connectés, « ainsi que l’ensemble de l’écosystème de services qui gravite autour ».

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