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Véhicules diesel : comme un début d’envie d’autre chose…

Ces dernières semaines ont été agitées sur le front du diesel. Le sujet est crucial pour les gestionnaires de flotte, les parcs des entreprises étant composés à 85 % de véhicules diesel. Face à des conducteurs qui s’interrogent sur la pollution, ses conséquences et les moyens de la limiter, ils n’excluent pas désormais de faire évoluer la composition de leur flotte vers une part plus large de véhicules à motorisation essence et hybride.

Dans ce contexte, FleetMag a décidé de proposer aux gestionnaires de parc entre le 20 octobre et le 10 novembre un questionnaire destiné à mettre en avant les questions qui leur sont le plus posées par les conducteurs de leur entreprise : motorisation diesel, alternatives représentées par les véhicules électriques ou hybrides, mesures gouvernementales… 70 gestionnaires de parc ont pris le temps de répondre et nous les en remercions.
La période n’a pas été choisie au hasard. Le gouvernement français vient en effet d’annoncer l’augmentation progressive du prix du gasoil dans les prochaines années, afin de lutter contre les émissions de particules fines générées par les moteurs diesel et de promouvoir les motorisations alternatives. Cette mesure n’en finit pas d’alimenter la controverse et il nous a paru intéressant de mesurer la façon dont les détenteurs de véhicules d’entreprise réagissaient à la polémique sur le lien entre moteurs diesel et pollution.

Des conducteurs pragmatiques, mais soucieux de l’environnement

« La pollution, c’est quoi exactement ? » 17 % des gestionnaires de flotte expliquent n’être jamais interrogés par leurs conducteurs sur le sujet, 23 % rarement et 38 % seulement de temps en temps… signe que le sujet semble compris par les conducteurs dans les entreprises. Concernant la « contribution » de l’automobile à la pollution, l’évolution de la pollution depuis vingt ans et la localisation des zones les plus concernées, les gestionnaires de flotte sont également très peu sollicités.
Ils sont en revanche régulièrement interpellés à propos des solutions mises en place de façon ponctuelle pour réduire la pollution en ville : 27 % des gestionnaires de parc disent être souvent amenés à débattre de l’impact de la circulation alternée et 34 % de temps en temps. Les conducteurs les sollicitent aussi pour connaître la nature des mesures mises en place ou envisagées (souvent pour 33 % des gestionnaires et de temps en temps pour 40 % d’entre eux).

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Le diesel dans les flottes, un état de fait qui commence à poser question

gestionnaire-parc-interrogations-conducteursNous nous sommes également demandé si la récente polémique autour du constructeur Volkswagen changeait le regard des conducteurs sur le diesel. Ce type de motorisation compose en effet 85 % des parcs d’entreprise en France. 25 % des gestionnaires disent avoir été très sollicités par leurs conducteurs quant à la réalité des résultats annoncés par les constructeurs aux tests antipollution. Un autre quart l’a été ponctuellement. Mais 31 % n’ont presque jamais eu la question, et 19 % pas du tout.
En revanche, l’évolution prévisible de la composition des parcs vers une baisse des motorisations diesel a fait l’objet d’échanges pour trois quarts du panel (près de 44 % des gestionnaires ont dû aborder le sujet souvent et 30 % de temps en temps), preuve que les conducteurs s’interrogent sur l’avenir de leur motorisation ! Même curiosité autour des modèles récents quant à leurs performances environnementales, pour lesquels près de 80 % des répondants se rappellent avoir été interrogés par leurs conducteurs.
Le besoin de proposer une mobilité optimale, de maîtriser le TCO et de respecter l’environnement sont des thèmes qui restent au cœur des préoccupations des gestionnaires de parc. Cette problématique existe d’ailleurs également à l’extérieur de l’entreprise. En témoigne l’enquête d’Odoxa pour Le Parisien (voir encadré) qui nous montre que, si les Français dans leur ensemble continuent d’avoir un regard positif sur le diesel, ils n’en sont pas moins attentifs à l’émergence des solutions alternatives.
Ils rejoignent en cela les responsables de parc qui ont répondu à notre sondage (voir tableau), qui réaffirment dans leurs commentaires une véritable volonté d’évoluer vers des motorisations alternatives mais soulignent que leur priorité va à l’optimisation fiscale et que les progrès des véhicules électriques ne leur paraissent pas encore décisifs. A la question que nous avons posée aux gestionnaires de parc concernant la probable évolution des motorisations de leur parc, le diesel n’obtient plus que 9 %. Loin derrière l’électrique (22 %) et surtout l’essence (34 %) et l’hybride (34 %).
Des chiffres à suivre, pour vérifier si la tendance se confirme dans les commandes de véhicules d’entreprises de ces prochains mois…

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