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Alfa Romeo Giulia : un design «  taillé par le vent  »

Apparue il y a cinquante-trois ans, l’Alfa Romeo Giulia avait surpris à l’époque par son style à contre-courant de la mode, son concept de berline familiale à tendance sportive et par son prix, abordable pour une Alfa.

Amorcée au début des années cinquante, la transformation du constructeur artisanal exigeant en un grand industriel de pointe a nécessité une remise en cause complète du positionnement de la marque et des processus. Disposant désormais d’un centre de design, du tunnel aérodynamique de l’université de Turin et d’une nouvelle usine à Arese près de Milan, l’équipe projet élabore les lignes en coins, l’arrière tronqué et les nervures caractéristiques de la Giulia. Avec un Cx(1) de 0,34 remarquable pour l’époque, elle revendique son statut de « véhicule taillé par le vent » sur les affiches publicitaires. Mais le design automobile des années cinquante se caractérise alors par des arêtes vives. Ce mélange de cubisme et de pointes émoussées ne plait donc pas à l’Auto Journal qui décrit un véhicule « disgracieux et mal proportionné ». Malgré la surprise et les critiques qu’elle provoque, la Giulia dispose de plus d’un tour sous son capot et connaîtra une très belle carrière.

Giulia : S comme sportive et spacieuse

C’est que la belle italienne a su allier les caractéristiques d’une familiale et les performances d’une sportive. Les quadragénaires italiens des années soixante rêveront d’ailleurs de la posséder et de la conduire. Il faut dire que son 4 cylindres en ligne tout alu à double arbre came en tête de 1 570 cm3 développe 92 ch et permet d’atteindre 170 km/h sur les routes (encore sans limitation), là où les Fiat 1500 peinent à dépasser les 130 km/h. Autre signe de modernité : la propulsion est assurée par l’essieu arrière via une transmission manuelle à cinq rapports, rare à l’époque, tandis que les freins à tambour sont rapidement remplacés par un système à disques avec double circuit. Dans le même élan d’innovation, Alfa Romeo ira au bout du concept de familiale en proposant 3 places à l’avant, ce qui impliquera de placer le levier de vitesse au volant.

Un prix canon et une large diffusion

Résultat de sa « révolution industrielle », des prix devenus abordables vont asseoir le succès de la berline. A son lancement, la Giulia est plus chère que la très populaire Fiat 1500 de « seulement » 25 %, ce qui lui assurera un succès dans la durée. D’autant que les versions TI et 1300 viennent encore élargir et démocratiser la gamme. L’usine d’Arese sera même agrandie pour faire face à la demande. La carrière officielle de la Giulia s’achèvera en 1977, avec 572 626 exemplaires sortis des chaines.

1- Cx : coefficient de trainée – permet de quantifier la force de résistance d’une surface.

alfa-romeo-giulia-2016

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