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A deux ou trois roues, les scooters donnent un nouveau tour à la mobilité en ville

Le regard des entreprises sur les deux et trois roues en ville est en train de changer. Moins d’accidents, moins de pollution, limitation des embouteillages : avec eux, les voyants de la mobilité urbaine passent au vert. Et ce n’est pas le succès prévisible des scooters électriques qui va contrecarrer cette bonne tendance.

Depuis la fin des années 1990, le succès des scooters ne se dément plus en milieu urbain. Les raisons objectives de cet essor sont nombreuses. Leurs conducteurs ne se privent pas de les mettre en avant, en particulier pour des usages professionnels. Leur deux ou trois roues leur apportent notamment :

  • Une solution aux embouteillages et aux difficultés de stationnement
  • La possibilité de maîtriser leurs temps de trajet et donc de tenir leur planning
  • Un coût global d’utilisation pertinent par rapport à celui d’un véhicule en ville, surtout quand celui-ci n’est occupé que par le seul conducteur
  • Une sécurité qui s’améliore en permanence grâce à des équipements de plus en plus performants (ABS, système de freinages, arceaux, stabilité grâce aux trois roues…)

Force est de constater cependant que si leurs utilisateurs sont souvent enthousiastes, les employeurs et les responsables des plans de transports urbains sont restés assez timorés quant à ce moyen de transport :

  • Dans les entreprises, les responsables RH craignent une accidentologie élevée. Les représentants du personnel s’interrogent quant à eux sur les risques pris par les conducteurs pour tenir leurs engagements, dans la mesure où ils pourraient subir une pression accrue, étant avéré le fait que l’utilisation d’un deux-roues est censé leur permettre de ne plus jamais être en retard.
  • Côté décideurs urbains, le CNPA relevait dès 2014 que « les deux et trois roues à moteur sont systématiquement considérés en France comme un problème (…). Les plans de mobilité urbains par exemple ne les incluent jamais. (…). Et les récentes mesures prises dans la capitale pour mettre en œuvre la circulation alternée les visaient injustement ».

Heureusement, les temps changent. De nombreuses voix s’élèvent pour expliquer pourquoi les scooters et les motos – voire les vélos – représentent de vraies solutions de mobilité, non seulement à l’échelle individuelle, mais aussi dans une dimension plus globale. Le CNPA (Conseil National des Professions Automobiles) affirme même que « Le deux roues (est) l’une des « briques » de la mobilité de demain ».

Pour justifier cette affirmation, il cite notamment un rapport officiel du Gouvernement australien affirmant que les motards enrichissent et améliorent la vie en ville car ils produisent peu d’émissions, ils prennent peu d’espace et réduisent les problèmes de stationnement. La ville de Londres quant à elle dispense les deux roues du péage urbain. Pour améliorer la fluidité du trafic londonien, ils sont même autorisés à circuler dans les voies de bus. D’ailleurs, sur le même thème, une étude commanditée par la FEBIAC (Fédération Belge de l’Industrie Automobile et du Cycle) a montré que, pendant les heures de pointe et sur un des axes les plus congestionnés de Belgique, il suffit que 10 % des automobilistes échangent leur auto contre un deux-roues motorisé pour réduire l’engorgement de cet axe de 40%.

Sur le plan environnemental, le CNPA affirme que le scooter pollue au total moins qu’une voiture, car il ne reste pas bloqué dans les bouchons et trouve plus rapidement une place pour stationner. Il occupe également beaucoup moins d’espace pour son stationnement, ce qui représente « un avantage considérable au regard des objectifs des plans de mobilité urbaine ».

Un discours qui prend une tournure très « électrique »

La prise de conscience des décideurs – en entreprise comme dans les conseils municipaux – reste lente. Certes, régulièrement, un grand patron communique sur tout le bien qu’il pense du scooter – à titre personnel. Et les élus ne rechignent pas à passer devant les caméras, juchés sur un deux-roues – vélo ou scooter – pourvu que ce dernier soit électrique !

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On notera qu’en début d’année, l’autorisation officielle a été donnée aux motards et aux scooteristes – pendant deux ans au moins – d’expérimenter la circulation dite en interfile en Ile de France, dans les Bouches du Rhône, mais aussi en Gironde et dans le Rhône.

Mais surtout, les initiatives et les argumentaires se multiplient en faveur des deux et trois-roues électriques. Vincent Champain, pour le pôle « Innovation » de l’Observatoire du Long Terme, en détaillait certains dans un récent dossier de La Tribune.

Pendant qu’il se vendait 320.000 voitures électriques (2) dans le monde en 2014, soit 0,4 % des 80 millions de voitures vendues la même année, il s’est vendu 35 millions de deux-roues électriques (3). Selon le chercheur, c’est une « preuve de la maturité économique de cette solution, et c’est dans les pays en développement que l’on constate la percée le plus forte. (…)

Et, contrairement à ce que l’on entend parfois, il ne s’agit pas là d’un choix uniquement poussé par des normes publiques mais d’un véritable choix économique. En effet, compte-tenu des économies réalisées sur le carburant et du faible coût de détention des deux-roues, l’investissement peut être rentabilisé en deux ans (4) ! »

Et le chercheur d’estimer que la situation devrait favoriser l’émergence d’un marché de la location longue durée pour les motos et scooters électriques, à condition que les volumes de vente s’accroissent pour faire naître un véritable marché de l’occasion. Les entreprises sont donc directement interpellées. Des mesures simples comme la mise à la disposition des collaborateurs de places de parking réservées et de bornes de recharge, des formations au pilotage et à la sécurité, le remplacement d’une partie des voitures par des deux et trois-roues, leur permettraient déjà de prendre leur part dans une transition douce vers ces moyens de déplacement.

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2 comments

  1. Antoine 30 mars, 2016 at 10:28 Répondre

    Pourriez-vous réactualiser le lien de l’article de la Tribune ? De mon côté, j’arrive sur une page 404. Merci !

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