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Temps de trajet domicile-travail : toujours plus long

En douze ans, la durée des déplacements pour se rendre au bureau a augmenté de 10 minutes (soit 25% environ). Désormais, les Français y consacrent en moyenne 50 minutes par jour. Et près du double en région parisienne. Une conséquence de leur désaffection pour les transports en commun ?

Une étude de la Dares (ministère du travail), publiée récemment et portant sur la période 1998-2010, vient jeter un regard instructif sur l’évolution des temps de trajet des Français pour se rendre quotidiennement sur leur lieu de travail.

Les principaux enseignements de l’étude

  • Le temps de trajet moyen quotidien Aller ET Retour est de 50 mn
  • Cette durée a augmenté de 10 mn en douze ans
  • 16% des salariés consacrent plus d’une heure trente à ces déplacements (+4% en douze ans)
  • 19% mettent entre une heure et une heure trente (+3%)
  • Les habitants de la région parisienne mettent en moyenne 68 mn pour accomplir ces trajets, soit quasiment le double de ceux qui résident à proximité de petits pôles urbains (35 mn)
  • La majorité des trajets s’effectue en voiture (74% d’utilisateurs réguliers) et ce, dans une proportion qui augmente
  • L’utilisation des transports en commun a baissé sur la période : de 15% d’utilisateurs réguliers, ils n’en séduisent plus que 11% désormais
  • La marche à pied régresse également (de 17 à 7%)
  • La moto, le vélo ou le scooter restent d’utilisation marginale (entre 3 et 4% de citations chacun)

Une inégalité hommes – femmes qui persiste

Les femmes ont beau avoir un temps de trajet légèrement raccourci (46 mn) par rapport aux hommes (52 mn), la durée totale de leurs déplacements n’en est pas moins très comparable puisqu’elles sont 24% (le double des hommes) à devoir effectuer un détour le matin (pour déposer un enfant) – ou le soir (pour le reprendre et/ou faire des courses)… Un élément supplémentaire pour ceux qui réfléchissent à la réduction des discriminations…

Et si ces déplacements finissaient par être rémunérés ?

L’étude révèle également que seuls 15% des actifs évoquent la fatigue liée aux déplacements. Dans leur cas, elle est proportionnelle à leur durée. Et il est intéressant de rapprocher cette statistique d’un arrêt inédit de la Cour de justice de l’Union européenne qui vient de juger que les déplacements des employés itinérants depuis et vers leur domicile devaient bien être comptés comme du temps de travail. Cela ne concerne donc pas les salariés qui se rendent « seulement » à leur bureau chaque jour. A priori… Car il est possible que cette décision de l’Union européenne, plus favorable que la loi nationale, « soit invoquée dans les prochaines années devant les tribunaux dans l’intérêt des personnes, tant pour les itinérants que pour les travailleurs sédentaires » estime l’avocate rouennaise Géraldine Boitieux dans le Figaro, tout en reconnaissant que « cela prendra sans doute des années ».

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