Avis d'expert

Pneus quatre saisons : La solution presque tout terrain ?

Deux ans après le lancement des nouvelles générations de pneus quatre saisons, les conducteurs semblent adopter progressivement cette solution qui leur permet d’éviter le passage bisannuel en atelier pour changer leur monte. Une bonne nouvelle pour la sécurité sur les routes en hiver….

« Sur les cinq premiers mois de l’année 2016, les pneus quatre saisons représentent 2,61 % des ventes de pneumatiques en France et enregistrent surtout une progression de 312 % par rapport à la même période l’année dernière. Dans le même temps, nous constatons une baisse de 24 % des ventes de pneus hiver ». Régis Audugé, directeur général du Syndicat des professionnels du pneu (SPP), qui représente les négociants spécialisés du secteur, est résolument positif pour cette catégorie de pneus apparue en 2014, lorsque Michelin a lancé la série des Cross Climate, très vite rejoint par la concurrence. Quoique, pour être exact, le « quatre saisons » existait déjà dans l’offre des manufacturiers depuis années sans rencontrer un grand succès.

Un compromis réussi au niveau des performances en hiver et en été

« Les performances d’un pneu sont toujours le résultat d’un compromis entre son adhérence et son environnement climatique. Il y a deux ans, les ingénieurs sont parvenus à améliorer ces performances, tant pour l’hiver que pour l’été ». Il était temps ! Depuis des années, les fabricants militaient pour une incitation plus forte des conducteurs français à s’équiper de pneus adaptés aux conditions de conduite hivernale. « Afin notamment d’éviter les désorganisations constatées sur les axes routiers dès qu’il tombe de la neige », précise Régis Audugé.
Avec le « quatre saisons », le conducteur n’a plus à se soucier de disposer d’un double train de pneus, d’organiser deux rendez-vous par an dans les ateliers de montage ni de stocker les pneus non utilisés. Un vrai soulagement logistique, qui concerne également les entreprises, leurs gestionnaires de flotte et les professionnels sur la route. « Même si nos adhérents ont développé des organisations très performantes pour gérer les forts volumes de certains clients, en allant jusqu’à se déplacer avec un camion équipé sur les lieux de travail pour effectuer d’un coup plusieurs dizaines de changements de train, il est certain que la disparition de cette obligation récurrente est très appréciée ».

Peu de retours et c’est bon signe  !

Mais ces pneus quatre saisons tiennent-ils leurs promesses sur le plan des performances en hiver, de leur durabilité ou encore de l’acoustique ? « Il est encore un peu tôt pour avoir une vision statistique complète » reconnaît le directeur général du SPP. « Néanmoins, nous constatons une absence de remontées négatives via le syndicat ou encore les forums d’utilisateurs. Quant à la presse spécialisée, elle n’a pas encore publié de dossier spectaculaire sur ce thème, ce qui est plutôt bon signe » sourit-il. Par ailleurs, un système européen de label, obligatoire depuis 2012 pour qualifier l’acoustique des pneus et leur impact sur la consommation du véhicule, montre que les pneus quatre saisons ne présentent pas d’écarts significatifs avec les pneus dits « classiques ».flottes-entreprises-pneus

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