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Encombrements : trois cadres franciliens sur quatre désireux de quitter la capitale

L’enquête annuelle de Cadremploi confirme l’engouement des cadres pour les métropoles régionales, Bordeaux en tête. Principale raison évoquée pour envisager cet exode : la saturation du trafic et la perte de temps dans les transports.

C’est une habitude désormais bien ancrée du site Cadremploi. Tous les ans, il sonde ses abonnés sur leurs envies d’exil loin de l’Île-de-France. Et année après année, le résultat ne varie guère : en 2016, ils sont ainsi 80% à envisager un déménagement pour aller vivre en région (ils étaient 86% en 2013). Parmi eux, 36% se disent prêts à franchir le pas d’ici un an et 76% dans les trois ans à venir.

Les cadres montrent également une belle constance sur le choix de leurs villes de destination préférées. Cette année encore, c’est Bordeaux qui les attire le plus (56% de citations), devant Lyon (42%) et Nantes (41%). Toulouse (36%) et Montpellier (30%) complètent leur Top 5.

Retrouver le temps… perdu aujourd’hui dans les transports

La raison principale de cette envie d’exode ne surprendra pas ceux qui utilisent les transports collectifs ou subissent les embouteillages en Île-de-France : la perte de temps lors de leurs déplacements est citée par 70% des répondants comme catalyseur de leur décision. Le coût du logement (57%), la pollution (55%) et le coût de la vie (55%) arrivent juste après.

L’envie de déménager semble assez profonde pour que 83% des cadres se disent prêts à faire des concessions afin de pouvoir quitter la région parisienne : 54% accepteraient une baisse de revenus et 48% envisageraient une reconversion professionnelle, par exemple.

L’herbe toujours plus verte ailleurs ?

Le thème de la mobilité reste donc central dans le choix du lieu de résidence. Reste que l’immense majorité des personnes interviewées n’envisage pas de vivre en milieu rural. Elles se projettent plutôt dans des villes de plus de 50 000 habitants.

Dès lors, la question des embouteillages et même celle de la pollution méritent d’être reposées : l’accès aux zones de bureaux, à la périphérie des grandes métropoles régionales, est tout sauf aisé. Et les « bouchons » des périphériques de Bordeaux, Nantes, Toulouse, sous le tunnel de Fourvière à Lyon ou encore sur le quartier du Millénaire à Montpellier, ne sont pas anecdotiques.

Il appartient sans doute aux collectivités territoriales d’anticiper sur ces mouvements de population et sur leur développement économique pour penser la mobilité en amont des problèmes qui pourraient s’amplifier. Mais les entreprises ont également un rôle à jouer pour optimiser la mobilité de leurs collaborateurs, en favorisant, par exemple, le développement du télétravail et en leur proposant des solutions toujours plus modulaires (car-sharing, accès à des parkings intermédiaires dans les gares, garages à vélo, etc.).

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