En France

Routes dégradées en France : des solutions à portée de nos roues ?

Nids de poule, signalisation défectueuse, chaussées déformées… L’association « 40 millions d’automobilistes » vient de publier sa carte des routes les pires de France, selon ses sympathisants. Au-delà des dégradations constatées et sur fond de disette budgétaire pour les collectivités, majoritairement responsables de l’entretien des voies de circulation, nous pouvons, en tant que conducteur voire comme citoyen, améliorer la situation.

Année après année, les voyants concernant la qualité et donc la sécurité des infrastructures routières en France se mettent au rouge. La situation se dégrade, l’Etat ayant choisi de concentrer ses efforts sur d’autres problèmes : alcoolémie, vitesse excessive et désormais, consommation de stupéfiants ou utilisation du téléphone portable par les conducteurs.

Pourtant, le programme REAGIR de la Sécurité Routière l’écrit en toutes lettres sur son site : « 58 % des accidents comportent des facteurs se rapportant à l’infrastructure routière dont 34 % sont liés à sa conception et 24 % à son entretien ».

Facteurs d’accident
Infrastructures* 34 % Entretien* 24 %
Tracé 20 % Signalisation verticale 6 %
Abords 15 % Signalisation horizontale 5,5 %
Profil en travers 5 % Abords 4,5 %
Profil en long 4 % Éclairage 5 %
Dispositifs de retenue 3 %
Exploitation de la route 3,5 %

*Plusieurs facteurs peuvent intervenir dans un seul accident

Ce que les experts ne peuvent pas analyser en profondeur, ce sont les responsabilités. Car leurs études analysent plus de trente ans d’accidents, au cours desquels la création et surtout l’entretien des routes ont été progressivement délégués aux départements. Désormais, seuls 20 000 kms des voies routières, sur le million que compte la France, sont sous la responsabilité directe de l’Etat. Dans les premiers temps de la décentralisation, le transfert des budgets a été intégral. Mais depuis 2011, avec une baisse annuelle de 27% des dotations de l’état aux collectivités, la pression budgétaire oblige ces dernières à des choix drastiques. La réduction des opérations d’entretien de voirie, surtout sur le réseau secondaire, en fait partie.

reagir

Sur le terrain, les résultats sont visibles. Surtout depuis que l’association, « 40 millions d’Automobilistes » en a fait son cheval de bataille et a lancé, depuis l’année dernière, une campagne appelant les internautes à signaler les passages les plus dangereux. Une première édition de la carte les recensant est désormais disponible, avec une liste des trois points jugés les plus dangereux dans chaque département, photos à l’appui. Le site rajoute même en regard, pour faire bonne mesure, le montant moyen consacré par le département, chaque année, à ses routes.

Limiter les effets de la dégradation des routes

Pour bien conduire sur une route dégradée, trois éléments majeurs entrent en jeu :

  • Le véhicule : même si tout le monde n’a pas l’utilité d’un SUV, le choix de véhicules à garde haute permettra d’atténuer l’effet des trous et autres bosses sur la chaussée. Des freins en bon état améliorent également la sécurité
  • Le comportement : Choisir une vitesse adaptée aux circonstances de circulation et à l’état de la chaussée reste la règle… des bons conducteurs. Trop souvent oubliée, quand on ne fréquente que des axes bien entretenus, elle se rappelle cruellement à nous dès que nous empruntons une route secondaire truffée de nids de poule. Pour éviter le premier choc, ralentissons avant…
  • L’information : malheureusement, ni les GPS ni les applications sociales de type Waze, ne donnent d’informations sur l’état de la chaussée. Un vrai manque, qui sera peut-être comblé dans de prochaines versions ?

Agir contre la dégradation des routes

L’idéal serait encore d’améliorer l’état des chaussées sur lesquelles nous roulons. Il parait déraisonnable de lancer aujourd’hui des initiatives similaires à celles qui voient des riverains nettoyer, à chaque printemps, les rues de leur village ou de leur ville. Réparer un nid de poule ne s’improvise pas, de même que la conception ou la pose d’un panneau de signalisation normalisé.

En revanche, la démarche de « 40 millions d’Automobilistes » présente l’intérêt de montrer du doigt les endroits dangereux, avec comme argument : « les autorités ne pourront pas dire qu’elles ne savaient pas ». Le moyen de pression est peut-être grossier, mais a de bonnes chances de fonctionner.

 

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