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Routes d’Hiver : le point sur l’option pneus quatre saisons

Deux années après son lancement par Michelin, la nouvelle génération de pneus quatre saisons a pu accomplir suffisamment de tours de roues pour que les journaux spécialisés publient, ce mois-ci, des tests d’usage et des comparatifs. Le bilan est plutôt positif, même si les pneus hiver (voire les équipements neige comme les chaînes) restent incontournables en cas de fortes intempéries. Et attention à la législation !

Comme le souligne le site www.turbo.fr, s’appuyant sur une enquête du distributeur de pneus Point S réalisée début novembre, les pneus hiver ont toujours la cote auprès des conducteurs français. Ils sont ainsi 90% à les juger utiles, notamment pour leur contribution à l’amélioration de l’adhérence à la route, la limitation des risques de dérapage et la réduction des distances de freinage.

Pourtant, moins d’un véhicule sur six (15%) en est effectivement équipé. Si cela peut s’expliquer par le faible enneigement dans certaines régions, la raison principale est plutôt à chercher dans les surcoûts engendrés (frais de changements de trains et de rééquilibrage, éventuel jeu de jantes supplémentaires à acquérir) et les difficultés de stockage pour les conducteurs ne disposant pas de garage.

Le pneu quatre saisons, une solution vraiment tous terrains ?

Sécurité ou économies : le dilemme est éternel et malheureusement le plus souvent tranché en faveur des secondes. D’autant qu’en France, contrairement à de nombreux autres pays européens, il n’existe pas d’obligation de s’équiper en pneus hiver ((http://www.largus.fr/actualite-automobile/pneus-hiver-et-pneus-cloutes-a-letranger-comment-bien-sequiper-7268385.html)). Tout au plus dans certaines régions montagneuses, en cas de fortes chutes de neige, les préfets peuvent-ils imposer leur utilisation et surtout celui des chaînes, textiles ou métalliques.

Pour répondre à cette situation paradoxale, plusieurs manufacturiers, à commencer par Michelin, ont lancé un nouveau profil baptisé « quatre saisons ». Et même si les ventes restent cantonnées à 2-3% des ventes totales de pneus selon le SFP (syndicat français du pneu), les fabricants restent optimistes pour les années à venir.

Encore faut-il que les promesses soient tenues, à savoir des performances équivalentes à celles des pneus hiver ou été sans être obligé de les changer deux fois dans l’année. Après deux ans de commercialisation, de nombreux comparatifs ont été publiés cet automne dans les magazines spécialisés (*)

Pas pour toutes les situations

On en retiendra un satisfecit global des testeurs mais quelques restrictions pour les usages dans des conditions extrêmes. D’ailleurs, les manufacturiers eux-mêmes nous précisent que si leurs produits sont capables d’évoluer aussi bien en été qu’en hiver, c’est au prix de certains compromis : ils ne peuvent en effet pas exceller dans des situations extrêmes (températures élevées (+ de 30°) ou sur route fortement enneigée.

Attention au marquage

Pour être admis dans la catégorie pneus hiver et donc respecter les obligations éventuellement imposées par la préfecture lors d’épisodes neigeux, il faut que le pneu quatre saisons ait obtenu le marquage CE, complété des mentions M+S (Mud and Snow) et 3PMSF (3 pics Mountain Snow Flake).

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Distances de freinage, adhérence et longévité : les pneus spécialisés restent les meilleurs

Les comparatifs pointent des différences notables entre les pneus « classiques » été ou hiver et les pneus quatre saisons sur les distances de freinage (de l’ordre de 15%) et sur l’adhérence à la route. Par ailleurs, il existe des quatre saisons « orientés hiver » qui obtiennent évidemment de meilleurs résultats sur sols glissants.

Concernant la longévité, la gomme comme la structure en lamelles des pneus quatre saisons sont plus fragiles et le magazine Autoplus avance même une conclusion étonnante : sur la durée, le surcoût de cette usure rapide justifierait l’achat de deux jantes supplémentaires et de deux trains de pneus spécialisés. En revanche, bonne nouvelle côté consommation : les testeurs n’ont pas enregistré de différences notables à la pompe….

A chaque conducteur son train de pneus

Finalement, les revues s’accordent sur ce point : il ne saurait y avoir de réponse universelle au besoin de sécurité sur les routes, notamment en hiver. Elles esquissent donc une liste des différentes situations rencontrées. En particulier, Autoplus propose la typologie suivante :

Oui aux pneus quatre saisons :

  • pour des trajets quotidiens
  • pour une seconde voiture
  • pour un usage « régional »

Préférez les pneus spécialisés :

  • si vous êtes un grand rouleur
  • pour des départs en vacances
  • pour de grands trajets

Relevons pour finir cette conclusion originale d’un journaliste suisse (pays aux routes parfois très enneigées comme on sait) : « des pneus toutes saisons peuvent être adéquats si vous conduisez dans des conditions bien définies et que vous êtes parfois prêt à renoncer à utiliser votre voiture ».

(*)

http://www.largus.fr/actualite-automobile/test-pneus-quatre-saisons-que-valent-les-pneus-toutes-saisons-6717390.html

https://www.tcs.ch/fr/tests-conseils/pneus/pneus-toutes-saisons.php

 

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