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La voiture électrique : le véhicule de demain ?

La voiture électrique : le véhicule de demain ?

Au début des années 1990, le principe d’un véhicule électrique est lancé dans l’hexagone par Renault, puis a été développé par l’ensemble des constructeurs français pour en tester la technologie. Leur objectif : industrialiser les véhicules électriques sous dix ans. Vingt ans plus tard, la voiture électrique a encore du mal à s’imposer comme une véritable alternative aux modèles thermiques dans les mœurs françaises. Néanmoins, le contexte actuel fait la part belle à « l’écoresponsabilité » à travers des voitures électriques sans cesse renouvelées : un terrain fertile pour les prochaines générations. Le XXIe siècle sera électrique, ou ne sera pas.

 

L’art du « bon moment »

La voiture électrique est annoncée comme la prochaine grande tendance automobile depuis une quinzaine d’années. Malgré des modèles qui font parler d’eux au Salon de l’Auto, le marché a du mal à se démocratiser. Un échec en grande partie imputé à un prix élevé et une utilisation qui paraît encore compliquée. Pourtant, la voiture électrique d’il y a dix ans a bien changé, à l’instar de la petite dernière de Renault, la Zoé, qui rompt ainsi avec de nombreuses idées reçues : une autonomie de 400 km, un tarif favorisé par les bonus écologiques mis en place par l’État et l’accès à un réseau de plus en plus développé de bornes de recharge standardisées à l’échelle européenne.

En France, la croissance du parc électrique est impressionnante : le cap des 100 000 véhicules électriques VP et VU) a été dépassé et le mois de mars 2017 enregistre un nouveau record mensuel avec 3 488 immatriculations1. Sur le 1er trimestre 2017, le marché progresse de près de 20 %. Une augmentation qui correspond aux efforts fournis par les constructeurs et les équipementiers pour s’affranchir des points faibles des véhicules électriques. En effet, Tesla a annoncé 800 km d’autonomie à l’horizon 2018, EDF investit dans les « réseaux intelligents » en travaillant à l’installation de bornes rapides sur les grands axes autoroutiers et Vincent Bolloré prévoit 16 000 bornes dans 94 départements d’ici 2019, dans le cadre de son projet « Blue Station ».

De leur côté, Audi, BMW, Daimler, Ford et Porsche s’apprêtent à créer une société commune dont la mission sera de déployer plus de 400 bornes de recharge ultra-rapides. Destinées à la prochaine génération de véhicules attendus pour 2018-2919, celles-ci délivreront jusqu’à 350 kW de puissance en crête contre seulement 50 kW aujourd’hui. De quoi recouvrer 250 km d’autonomie en seulement… dix minutes ! D’ici fin 2017, grâce aux investissements de l’État, des collectivités territoriales et du secteur privé, ce sont 38 000 points de recharge publics qui devraient être installés en France. Une (r)évolution spectaculaire qui prépare un futur électrisant.

 

Wall Street mise sur l’électrique

Un produit réussi est la combinaison d’une bonne idée et du moment propice. La bonne idée est là : un véhicule écologique à l’heure où les grandes puissances économiques signent le premier accord universel sur le climat. Et si l’électrique était, jusque-là, avant-gardiste ?

Pour la première fois, début avril, Tesla, le constructeur 100 % électrique, a surpassé Ford et General Motors à Wall Street. Valorisée à 51 milliards de dollars, la marque d’Elon Musk, qui incarne à elle seule le futur, vend encore peu ses deux modèles classés luxe, mais la bourse parie dessus. Et pour cause : la Model 3 annoncée pour 2018 fait déjà l’objet de plus de 400 000 précommandes, notamment grâce à son tarif plus compétitif que celui des Model S et Model X (35 000 $). L’occasion pour Tesla de s’attaquer au milieu de gamme et de transformer un marché de niche en marché de masse.

 

Green cars : Smart cars ?

Le point fort de la nouvelle génération de véhicules électriques ne réside plus seulement dans sa responsabilité écologique. Aujourd’hui, l’électrique évolue en parallèle des avancées technologiques et cherche à proposer des véhicules qui dépassent la dimension environnementale. Si les batteries sont au cœur de son évolution, celles qui déplaceront les voitures de demain devraient comprendre une autonomie largement revue à la hausse, un plus long cycle de vie et un développement moins coûteux. En deux mots, l’électrique de demain sera plus accessible, par son prix comme par son utilisation. Mais, alors que Tesla s’apprête à lancer une batterie avec 800 km d’autonomie, le frein demeure avant tout psychologique face à un déploiement de bornes de recharge encore insuffisant et mal renseigné.

Comment modifier l’imaginaire collectif ? De nombreux constructeurs, avec l’aide des équipementiers, tendent à faire de l’électrique de demain de véritables « smart cars ». Et si on rechargeait sa voiture en fin de journée comme on recharge son smartphone ? Ainsi, les équipementiers misent sur la connectivité pour agrémenter les véhicules électriques de solutions intelligentes en déployant différentes applications qui créeront un véritable écosystème. Avec Waze, Google a déjà une longueur d’avance. La data pourrait ainsi permettre d’offrir aux marketeurs la possibilité d’amener leurs campagnes « data-driven » jusque dans nos véhicules. Le graal du futur n’est pas si lointain.

En 2012, on ne voyait encore que très peu de voitures électriques dans les rues. Aujourd’hui, 70 000 circulent sur les chaussées françaises. À l’horizon 2020, on en attend plus de deux millions. Une croissance spectaculaire qui illustre d’une part, une société de plus en plus sensible aux questions écologiques et d’autre part, un marché automobile écoresponsable, en phase avec les attentes de son public. L’automobile va davantage changer dans les cinq prochaines années que dans les quatre-vingt-dix précédentes.

Infographie : Les 5 raisons de passer à l’électrique

[1] Source : Baromètre Avere-France des immatriculations de véhicules électriques, mars 2017.

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