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Pollution & circulation : tour d’Europe des mesures anti-diesel en cours et à venir

Depuis le « dieselgate », révélé en 2015, le carburant à l’origine du scandale a de moins en moins le vent en poupe. En témoignent les pourcentages, en baisse constante, des ventes de véhicules diesel, la part belle faite à l’électrique lors des derniers salons automobiles d’envergure, comme celui de Francfort en septembre 2017 et celui de Genève en mars 2018, ou la récente décision de Toyota de ne plus commercialiser de véhicules diesel en Europe d’ici la fin de l’année.

Cette réduction de la part du diesel dans le paysage automobile européen s’explique en grande partie par les mesures, plus ou moins drastiques et à plus ou moins long terme, mises en place dans les pays du Vieux Continent, que ce soit à l’échelle des villes ou via des mesures gouvernementales. Revue de détail des initiatives qui fleurissent dans les plus grandes villes d’Europe.

Des initiatives locales…

Partout en Europe, les capitales et grandes agglomérations, de plus en plus concernées par la pollution, mettent en place des plans visant à réduire la circulation de véhicules polluants afin d’améliorer la qualité de l’air. Depuis quelques mois, Londres oblige les conducteurs de véhicules polluants souhaitant accéder au centre-ville à s’acquitter d’une taxe de 10 livres, alors qu’Amsterdam a défini une zone à faibles émissions depuis 10 ans déjà.

Récemment, l’annonce de la décision du Tribunal de Leipzig d’autoriser les grandes villes allemandes à bannir les voitures les plus polluantes, a suscité de vives réactions. Hambourg devrait néanmoins commencer à exclure certains véhicules diesel de ses rues d’ici quelques semaines.

En Italie, Milan n’autorise l’accès à son centre historique qu’aux véhicules avec de faibles émissions et vise le zéro diesel pour 2030, tandis qu’à Rome, tous les véhicules diesel devraient être repoussés aux portes de la ville dès 2024 afin de préserver son patrimoine architectural.

Athènes s’est également engagée à bannir les véhicules diesel d’ici à 2025.

Barcelone, Paris et Oslo ont de leur côté mis en place une restriction ponctuelle liée à la qualité de l’air : en cas de pic de pollution, les véhicules les moins propres – tous les véhicules diesel, pour Oslo – sont interdits de circulation. À terme, les restrictions dans ces villes sont amenées à être durcies : Barcelone envisage de bannir ces véhicules de façon permanente dès 2020, et Paris a mis en place des paliers menant progressivement à l’interdiction de circuler pour tous les véhicules diesel d’ici 2024 et pour toutes les motorisations thermiques d’ici 2030. Une volonté que partage Madrid, où les véhicules anciens, diesel mais aussi essence, ne seront plus les bienvenus après 2025.

Si Copenhague s’affiche comme la capitale européenne la plus ambitieuse et la plus restrictive en programmant l’interdiction de circuler à tous les véhicules diesel neufs dès 2019 et en restreignant l’accès aux places de parking, la ville a développé en parallèle des mesures visant à encourager les modes de déplacement alternatifs et moins polluants, via notamment la création de nombreuses pistes cyclables. De son côté, Bruxelles, qui a commencé cette année à interdire son accès aux véhicules les plus polluants et entend durcir le ton chaque année, incite à la marche en favorisant les zones piétonnes interdites à tous les véhicules motorisés.

…aux politiques nationales

Ces capitales et grandes agglomérations s’affichent régulièrement comme des pionnières, suivies dans un second temps par les contrées voisines et par les autres grandes villes du pays. Paris, première ville en France à instaurer la vignette Crit’Air, a été rapidement imitée par Lyon, Grenoble, Annecy, Lille, Toulouse et Strasbourg.

Néanmoins, ces initiatives restent locales. Aussi, plusieurs gouvernements ont préféré intégrer l’amélioration de la qualité de l’air à leur programme en instaurant des politiques nationales à même d’impacter le paysage automobile de leur pays.

La Norvège mise par exemple sur des subventions pour supprimer peu à peu l’achat de véhicules thermiques à horizon 2025. Une mesure qui semble fonctionner : l’an dernier, les voitures hybrides et électriques ont constitué plus de la moitié des achats de véhicules neufs.

D’autres pays, plus restrictifs, s’attaquent directement à la source et projettent d’influer sur la commercialisation des véhicules diesel mais également essence. À partir de 2030, les Pays-Bas accepteront uniquement la vente de véhicules zéro émission, tout comme l’Irlande, qui envisage l’assainissement de tout son parc d’ici 2050. Le Royaume-Uni et la France devraient quant à eux interdire leur commercialisation d’ici à 2040.

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