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eCall, le nouveau dispositif d’assistance aux accidentés de la route

Depuis le 1e avril 2018, une directive européenne impose aux constructeurs automobiles d’équiper tous leurs nouveaux modèles d’un dispositif d’appel d’urgence, « eCall », déclenché automatiquement ou à activer manuellement en cas d’accident de la route, avec pour objectif de réduire le temps d’intervention des secours. Détails d’un projet à grande échelle destiné à sauver chaque année, à terme, plusieurs milliers de vies.

Une technologie éprouvée et approuvée

Grâce à des capteurs intégrés aux airbags, le dispositif eCall appelle automatiquement le numéro d’urgence européen – le 112 – en cas de choc brutal entraînant leur déploiement. L’alerte peut également être donnée manuellement par le conducteur, un passager ou un témoin, via un bouton dédié intégré au tableau de bord. En parallèle, le dispositif géo-localise le lieu de l’accident avec précision, permettant ainsi de réduire drastiquement le temps d’intervention des secours, notamment dans les zones peu fréquentées.

Le procédé repose sur des technologies existantes et éprouvées, comme le GPS et la télématique embarquée, et existe en réalité depuis 2003 sur certains véhicules. Néanmoins, alors que la technologie embarquée d’appels d’urgence n’équipait jusqu’alors que 2% du parc automobile, l’obligation d’en munir à terme chaque véhicule en Europe devrait rapidement permettre de sauver plus de vies en réduisant le temps d’intervention des équipes de secours.

Pour le moment, seuls les nouveaux modèles de véhicules légers doivent être équipés. Les voitures neuves de modèles déjà existants achetées après le 1er avril 2018 ne sont pas concernées par cette obligation. Mais de nombreux constructeurs ont choisi d’en équiper tout de même certains de leurs modèles déjà commercialisés avant cette date.

Du fait de son rythme de renouvellement, le parc européen devrait être totalement équipé d’ici sept ans. En attendant, nul besoin de changer de voiture pour bénéficier de ce service d’assistance : il est en effet possible d’équiper tous les véhicules roulants de systèmes proposant un dispositif similaire.

Une initiative d’envergure

Le projet eCall est né de deux constats. D’une part, en Europe 40 000 personnes décèdent chaque année des suites d’un accident de la route et 150 000 personnes restent handicapées à vie ; d’autre part, le temps d’intervention des secours, notamment en zone rurale, peut être très long et réduire les chances de guérison et de survie des personnes accidentées.

À son lancement, le projet a suscité la polémique autour d’une éventuelle utilisation détournée des données collectées par le système – suivi des déplacements, enregistrement des conversations, etc. Face à ses détracteurs, la Commission Européenne a assuré que seules seront récupérées les informations relatives à l’accident : géolocalisation, type de véhicule, carburant utilisé, mode de déclenchement de l’alerte.

Les membres de l’Union Européenne ainsi que la Suisse, la Norvège et l’Islande ont travaillé de concert pendant plusieurs mois afin de mettre en place un système transfrontalier, même si les plateformes d’assistance restent gérées à l’échelle nationale. En France, le SNSA – Syndicat national des sociétés d’assistance – est en charge de la gestion des appels, que l’alerte ait été donnée manuellement ou par déclenchement automatique. Après une rapide évaluation de la gravité de l’accident, l’opérateur redirige l’appel vers le service le plus approprié : pompiers, SAMU, dépanneur, etc.

L’atout de ce service repose sur son extrême rapidité : le temps entre le déclenchement de l’alerte et l’envoi des secours ne devrait pas excéder les 75 secondes. L’alerte est donnée automatiquement, ce qui augmente les chances de prise en charge rapide des personnes inconscientes et dans l’incapacité d’appeler les secours, en particulier en l’absence de témoins. Les pays concernés espèrent ainsi, grâce à eCall, réduire le temps d’intervention des secours de 40% dans les villes et de 50% en zone rurale. Le SNSA estime à 30 000 le nombre d’alertes qui seront émises en 2018, et jusqu’à 400 000 en 2020. À terme, le nombre de tués sur les routes d’Europe devrait diminuer de 4% et celui des blessés graves de 6%.

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