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Prospective : à la recherche du moteur de demain

Les débats concernant les futures motorisations de nos véhicules restent passionnés. Les performances, les qualités environnementales, les coûts… Autant de sujets à débattre pour tenter d’anticiper lesquels, parmi les moteurs thermiques, hybrides ou électriques, sortiront vainqueurs.

Parler aujourd’hui de la voiture du futur est passionnant et encore largement prospectif. En effet, les études et les prévisions sur l’avenir de l’électrique et sur une possible baisse des ventes de véhicules thermiques soulèvent encore de nombreuses interrogations. Certaines ruptures technologiques essentielles pourraient aussi rebattre les cartes en termes de consommation de carburant ou d’autonomie des batteries :

L’électrique, une croissance en question

Depuis plusieurs années déjà, les incitations fiscales contribuent à faire progresser les ventes de véhicules électriques à un bon rythme. Pour autant, en France, leurs immatriculations peinent à dépasser 1 % de part de marché – et ce chiffre est encore inférieur dans la catégorie des véhicules utilitaires. Et, comme on a pu le constater au premier semestre 2017, le moindre fléchissement dans la politique de soutien fiscal impacte directement le rythme des ventes. Sur un plan international, les prévisions divergent. Par exemple, selon l’Agence internationale de l’énergie, les véhicules électriques devraient représenter 8 % du marché automobile d’ici à 2040. Et, pour l’organisme de prévision privé Bloomberg New Energy Finance, ils pourraient représenter 22 % du marché dès 2035…

Tous les constructeurs s’y mettent

Après les pionniers que furent Nissan, Renault, Mitsubishi et Tesla, la quasi-totalité des constructeurs, y compris les spécialistes du premium ou de l’hybride comme Toyota, proposeront des modèles électriques dans les cinq prochaines années. Leurs motivations sont à rechercher du côté de l’obligation européenne de réduire les émissions de CO2 des véhicules neufs, ainsi que des mesures de restriction de la circulation pour les véhicules thermiques décrétées par un grand nombre de métropoles dans le monde. Mais si les constructeurs, pragmatiques, n’ont plus le choix, tous les problèmes sont loin d’être résolus, à commencer par celui de l’autonomie de leurs modèles.
En effet, si les batteries voient leurs performances s’améliorer, leur autonomie dispose encore d’une marge de progression importante pour atteindre le niveau des moteurs thermiques. De plus, la question de leur prix (toujours élevé) et de leur recyclage en fin de vie n’est pas encore résolue. Et si le nombre de bornes disponibles sur le domaine public progresse, les temps de recharge posent toujours problème.

Quand les courbes de prix de vente se croiseront…

Tout cela ne devrait pas gêner la grande majorité des automobilistes, dont les trajets quotidiens sont le plus souvent pendulaires et urbains (80 % des conducteurs européens parcourent moins de 60 km par jour). Des déplacements parfaitement adaptés à l’autonomie que proposent les batteries actuellement disponibles. Côté finances, si on ne tient pas compte du prix de l’énergie utilisée, il ressort que les moteurs thermiques offrent un ratio coût/puissance de 100 dollars environ par équivalent kWh, soit deux fois moins que les moteurs électriques. En cause, le prix élevé et les performances encore limitées des batteries. Les experts prévoient néanmoins une croissance de leur efficacité de 5 % par an sur la prochaine décennie. L’équivalence entre véhicules thermiques et électriques pourrait donc être atteinte d’ici une dizaine d’années.
Il est probable que les constructeurs s’attacheront d’abord à améliorer l’autonomie de leurs véhicules, comme vient de le démontrer Renault avec sa nouvelle gamme d’utilitaires. La barrière psychologique et la peur de la « panne sèche » dépassées, le marché devrait décoller et les baisses de prix interviendront ensuite.

L’hybride, le meilleur des deux mondes… pour l’instant

En attendant, pour ceux qui doivent effectuer de longs trajets, la question de la disponibilité d’une infrastructure de charge en cours de route et surtout le temps de recharge continuent de troubler les acheteurs potentiels. D’où le succès des motorisations hybrides, dont les différentes versions couvrent à peu près tout le spectre des utilisations possibles, depuis les cycles urbains répétés jusqu’aux grandes distances. Une étude d’IHS Automotive prévoit même que dans dix ans, ces motorisations devraient représenter plus du quart des ventes de véhicules neufs (27 %).

Nul doute que la fiscalité automobile va continuer d’évoluer dans les prochaines années. Ne serait-ce que pour que l’État (dont la recette annuelle est de 24 milliards d’euros grâce à la TIPP – Taxe intérieure sur les produits pétroliers) récupère sur les nouvelles motorisations la manne perdue par ailleurs…

Voilà donc un nouveau point d’attention pour les gestionnaires de flotte, qui devront continuer d’adapter leur Car policy pour optimiser le TCO de leur entreprise tout en adoptant de nouvelles solutions de mobilité respectueuses de sa stratégie RSE.

 

Quatre types de moteurs hybrides aujourd’hui disponibles

Les micro-hybrides
proposent essentiellement la fonction stop/start qui coupe le moteur à l’arrêt.

Les mild hybrides
sont une évolution des micro-hybrides : ils disposent d’une batterie dédiée
et d’un système de récupération de l’énergie lors des freinages.

Les full hybrides (non rechargeables)
permettent de rouler en électrique « pur » pendant quelques kilomètres,
ce qui fait baisser les émissions de carbone de 30 g/km.
Le surcoût est de 3 000 à 4 000 euros par rapport à un moteur thermique
(coût de revient : 120 euros le gramme de C02 gagné).

Les hybrides rechargeables
permettent de rouler « électrique » sur de plus grandes distances (40 km)
avec un surcoût à l’achat d’environ 8 000 euros.

 

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