Gestion de flotte

Mix énergétique des flottes automobiles : les lignes bougent

La fiscalité verte, le prix des carburants, les préoccupations environnementales des entreprises comme de leurs collaborateurs, les évolutions technologiques et celles du marché qui font boule de neige… tout concourt à déplacer le centre de gravité du mix énergétique des flottes automobiles. Jusqu’à quand le diesel peut-il y rester majoritaire ?

Une étude réalisée dernièrement par Alphabet Belgique montre une évolution spectaculaire Outre-Quiévrain, ces dernières années, de la demande des entreprises concernant les motorisations de leurs flottes: la part des véhicules essence a bondi, passant de 2 à 20 % du total des mises à la route. En France, le phénomène est également sensible dans les entreprises, qui représentent près du tiers du marché des véhicules neufs, avec en 2017 une baisse de 2,7 % des mises à la route des VP roulant au gazole et une hausse de 5,8 % des modèles essence. Cependant, le diesel reste encore nettement majoritaire, les motorisations essence représentant seulement 11,51 % du total des immatriculations en 2017, soit 0,7 % de parts de marché de plus sur un an. Selon Auto Plus, le point de bascule sur le marché global des ventes de véhicules neufs a été atteint fin 20171, date à laquelle pour la première fois les ventes de véhicules à essence (47 %) ont égalé celles des véhicules diesel (qui représentaient 72 % du marché il y a six ans !). Les versions électriques (1,2 %) et hybrides (3,35 %) progressent également.

Tous ces éléments conduisent à s’interroger sur l’évolution prochaine des mix énergétiques dans les flottes d’entreprises. Cinq raisons, au moins, devraient concourir à la baisse continue de la part du diesel.

1. Les moteurs à essence sont moins chers à l’entretien

Le différentiel à l’achat est historique et n’a pas évolué. Concernant l’entretien, c’est un renversement. Les moteurs diesel étaient réputés plus faciles à entretenir mais l’ajout de turbos (pour le confort à bas régime) et celui de filtres divers ont complexifié les opérations de maintenance et donc augmenté leurs coûts. Cela est particulièrement vrai en ville, où les réglages des moteurs complexes sont mis à rude
épreuve.

2. La consommation des moteurs à essence s’est améliorée

Cela leur a permis de rattraper une partie de leur retard sur les versions diesel. Mais un écart de 2 à 3 litres aux 100 km reste classique entre deux motorisations de même puissance, ce qui continue d’avantager le diesel pour les véhicules effectuant de longs trajets.

3. De nouvelles technologies pour les moteurs thermiques sont mises au point

Par exemple, la généralisation des turbos permet de baisser les cylindrées des véhicules en préservant leur puissance finale (procédés
dits de downsizing). La banalisation des boîtes 6 vitesses préfigure l’apparition de boîtiers automatiques comptant jusqu’à 10 rapports. La gestion électronique des moteurs et l’allègement des véhicules sont également des facteurs d’amélioration du rendement des moteurs thermiques. Ce qui réduit, de fait, le poids du carburant dans le TCO. Le différentiel de consommation entre les deux types de motorisations perd donc de son impact financier.

4. Les valeurs résiduelles des véhicules essence augmentent

Leur revente sur le marché de l’occasion est plus facile en raison de l’intérêt croissant du marché. À cela s’ajoute la perspective de restrictions de circulation pour les véhicules diesel dans un futur proche (en 2024 à Paris, par exemple), ce qui dès maintenant réoriente les acheteurs de véhicules neufs vers des motorisations essence.

5. L’alignement des prix du gazole et du super

Fin 2018, en théorie, la fiscalité du gazole (TIPP plus taxes additionnelles) aura suffisamment évolué pour une harmonisation effective. De plus, les mécanismes de récupération de la TVA sur les deux carburants s’alignent progressivement : sur les VP par exemple, les entreprises pourront récupérer 80 % de la TVA sur l’essence en 2021 (20 % en 2018), ce qui correspond à la récupération actuelle sur le gazole.

Il reste que la situation diffère selon les catégories de véhicules choisies et leur utilisation.

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